À la fin du mois de septembre dernier, l’annonce d’un site sélectionné pour implanter la nouvelle installation de Northvolt hors des frontières européennes a semé le trouble parmi certains protecteurs de l’environnement. Ces derniers ont manifesté leur mécontentement face à ce projet industriel suédois qui pose une menace sur les espaces verts. En signe de protestation, un collectif écologiste revendique avoir saboté la zone concernée en y dissimulant des éléments métalliques tels que des clous et des barres d’acier dans les arbres ciblés par l’aménagement prévu.
Restauration d’un site délaissé ?
Northvolt Six, la nouvelle usine de Northvolt dédiée à la production de batteries lithium-ion pour les véhicules électriques, prendra place au Canada. Sélectionné pour accueillir ce projet d’envergure, le site est situé entre Saint-Basile-le-Grand et McMasterville près de Montréal.
Les terrains choisis appartenaient auparavant à une ancienne fabrique d’explosifs désaffectée depuis plusieurs années. Malgré des propositions concurrentes, c’est le projet suédois qui a remporté l’adhésion.
Annoncé dans les médias dès l’automne suivant la sélection du terrain, le lieu s’étend sur 170 hectares. L’objectif est ambitieux : construire une gigantesque usine capable de produire jusqu’à 60 GWh de batteries. Dans un premier temps, sa capacité sera toutefois limitée à 30 GWh avec des premières livraisons prévues pour 2026.
Pour concrétiser cette phase initiale, il faudra investir massivement, environ 5 milliards de dollars, une somme conséquente soutenue financièrement par les gouvernements canadien et québécois. Cet apport marque leur engagement vers une économie plus verte et soutenant les avancées technologiques dans le domaine des transports électriques.
Quelle est la raison de ce choix d’emplacement ?
Dans un élan pour dynamiser l’industrie des batteries lithium-ion, Northvolt prévoit de mobiliser environ 3 000 employés. Ces derniers auront pour mission principale la production de cathodes et d’éléments essentiels aux batteries, tout en mettant un accent particulier sur le recyclage dans une démarche respectueuse de l’environnement.
Le choix s’est porté sur une zone à proximité immédiate de Saint-Basile-le-Grand et McMasterville qui répond à des critères stratégiques non négligeables. En effet, l’emplacement bénéficie d’une part d’un accès privilégié aux matériaux nécessaires et d’autre part, il s’avère être alimenté par une source énergétique propre : l’hydroélectricité du Québec. Cette dernière assure une fabrication écoresponsable grâce à son caractère 100 % renouvelable.
L’intérêt majeur de cette implantation réside également dans sa position géographique avantageuse au cœur du réseau industriel automobile nord-américain. Cet atout a été déterminant dans la décision prise par Northvolt et va permettre non seulement de fournir rapidement des batteries écologiques au marché local mais aussi de propulser le Québec comme acteur incontournable dans la transition énergétique mondiale.
Ainsi, avec cet ambitieux projet, Northvolt fait face aujourd’hui aux défis que représente sa mise en œuvre tout en étant conscient du potentiel considérable que cela représente pour son développement futur ainsi que pour celui du secteur énergétique global.
Les exigences des militants
Des militants écologistes s’opposent fermement à un projet industriel, soulignant le risque qu’il représente pour un espace naturel en Montérégie. Ils insistent sur le fait que cette zone abrite une biodiversité remarquable, avec notamment des zones humides et boisées sur 1,4 km² qui sont menacées. La faune locale comprend diverses espèces dont certaines sont considérées comme vulnérables ou en danger d’extinction.
Cet écosystème est l’hôte de chauves-souris, d’oiseaux dont on dénombre 142 espèces différentes, ainsi que d’amphibiens, de tortues et de serpents. Les activistes critiquent par ailleurs la décision du gouvernement provincial et fédéral d’allouer une somme conséquente à Northvolt dans le cadre du développement de ce projet. Selon eux, cela encouragerait une culture centrée sur l’automobile contraire aux principes environnementaux qu’ils défendent.
Ils rejettent également l’idée de transformer la région en un pôle technologique axé sur les innovations automobiles similaires à la Silicon Valley. Pendant ce temps, il est mentionné que la France vient d’accueillir sa première grande usine de production de batteries pour véhicules électriques.
Métamorphose radicale du site
Le collectif s’inquiète de l’impact qu’aurait l’installation d’une usine Northvolt en milieu rural. Cela pourrait entraîner une hausse des prix de l’immobilier et surcharger les services publics. Bien que le personnel de cette usine ne soit pas la cible de leur préoccupation, ils expriment leurs craintes face aux conséquences environnementales d’un tel développement.
Les activistes pointent notamment les risques liés à la demande accrue en métaux pour les batteries, qui pourrait favoriser l’émergence de mines à ciel ouvert. De plus, la création potentielle de barrages hydroélectriques sur les territoires des Premières Nations préoccupe grandement le collectif. Ils sont également vigilants quant au possible essor du nucléaire et à l’érection de grandes infrastructures industrielles près des cours d’eau.
Extraction de données
Pour contrecarrer la progression d’un projet de construction, un groupe d’activistes a décidé de recourir à des tactiques inspirées du mouvement Earth First ! datant des années 80. Ces derniers avaient pour but de protéger les séquoias en Amérique du Nord. Les militants ont donc opté pour l’insertion de métal dans les arbres pour protéger ces derniers contre le déboisement.
Cette stratégie est pensée pour être efficace tout en impactant le moins possible la santé des arbres : ils survivent malgré l’introduction de matériaux étrangers dans leur tronc. En revanche, elle présente un risque majeur pour l’équipement utilisé par les bûcherons, notamment les chaînes des tronçonneuses qui peuvent se briser au contact des éléments métalliques cachés.
Afin d’avertir et potentiellement dissuader ceux qui viendraient couper ces arbres, les activistes ont marqué les végétaux concernés avec une lettre S visible et ont expliqué leur action à proximité. Cette marque sert d’avertissement: quiconque essaie d’abattre ces arbres s’expose à endommager gravement son matériel.