Au cours de ces dernières années, le paysage de l’électromobilité en France a connu une croissance significative. Le nombre de véhicules électriques et hybrides sur les routes françaises ne cesse d’augmenter, et parallèlement, de nouvelles infrastructures sont installées pour répondre au besoin de charge de ces véhicules. Dans ce contexte, il convient d’étudier la corrélation entre le nombre croissant de bornes de recharge et la capacité de production électrique nationale.
Un parc de véhicules électriques qui se développe rapidement
La dernière décennie a été marquée par une prise de conscience écologique grandissante et un changement dans les aspirations de mobilité des citoyens français. Face au réchauffement climatique et aux problèmes liés à la pollution atmosphérique, l’adoption de véhicules électriques (VE) et hybrides s’est imposée comme une solution adéquate.
En quelques années seulement, le parc automobile électrique français est passé d’une présence quasi anecdotique à une flotte atteignant plusieurs centaines de milliers de véhicules aujourd’hui. Pour accompagner cette démocratisation rapide du VE, les acteurs publics et privés ont investi massivement dans le développement de l’infrastructure de recharge.
Le déploiement des bornes de recharge en augmentation constante
La demande accrue en matière de bornes de recharge a entraîné une multiplication des installations sur l’ensemble du territoire français. Ces dernières se divisent en différentes catégories, allant de la simple prise domestique aux stations de charge rapide proposées par les autoroutes et les grands centres commerciaux.
La progression du nombre de bornes sur le réseau national est frappante : en 2015, environ 16 000 points de charge étaient référencés, alors qu’on en compte plus de 28 000 aujourd’hui. Les pouvoirs publics ont soutenu cette tendance en proposant divers dispositifs d’aide à l’installation de bornes de recharge dans les copropriétés et les entreprises notamment.
Une production électrique nationale à ajuster en fonction de la demande
Face à cet essor du marché du VE et de ses infrastructures de recharge, il est primordial de s’interroger sur la capacité de la France à produire suffisamment d’électricité pour alimenter un parc automobile majoritairement électrique. Or, ce constat laisse apparaître certaines inquiétudes quant à notre habileté à relever ce défi énergétique.
L’électricité en France : une situation mitigée
Le mix énergétique de la France est aujourd’hui largement dominé par l’énergie nucléaire, qui représente près de 75 % de la production totale. Si celle-ci permet de garantir une continuité de l’approvisionnement et une certaine indépendance nationale, elle n’est pas sans poser de nombreuses problématiques liées aux risques d’accidents et à la gestion des déchets radioactifs.
En parallèle, les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) gagnent du terrain et proposent un potentiel considérable pour l’avenir. Néanmoins, le secteur de l’énergie verte est encore largement en développement dans l’Hexagone et représente seulement 23 % de la production totale d’électricité selon le bilan énergétique national de 2019.
Le déploiement des infrastructures de recharge ne doit pas s’accompagner d’une surcharge du réseau
Avec l’accroissement du parc automobile électrique et des installations de bornes de recharge, la demande en électricité va significativement augmenter ces prochaines années. Cette hausse sera par ailleurs amplifiée par l’électrification croissante des appareils domestiques et des modes de transport non motorisés (trottinettes, vélos électriques).
Cependant, stimuler la production d’électricité en réponse à cette demande sans cesse grandissante soulève des questions cruciales sur les capacités de production actuelles et futures, ainsi que sur l’équilibre entre les différentes sources d’énergie. La France devra anticiper les besoins futurs en matière d’électricité et adapter sa stratégie énergétique en conséquence pour éviter une saturation du réseau.
Le rôle central de la gestion intelligente des réseaux électriques
Pour pallier les enjeux liés au développement des VE et des bornes de recharge, il apparaît nécessaire de repenser la gestion de l’électricité en développant des réseaux intelligents (smart grids) qui permettent d’optimiser les flux d’énergie et de les adapter en temps réel à la demande.
La flexibilité au cœur de cette nouvelle approche
En intégrant des technologies de pointe et des outils de communication performants, les smart grids sont en mesure de mieux évaluer les besoins du réseau et d’y répondre de manière plus efficace. Ces systèmes favorisent également une meilleure coordination entre les différents acteurs énergétiques tout en facilitant le déploiement des énergies renouvelables.
- Nouveaux usages : la possibilité de charger sa voiture électrique à heure creuse pour profiter d’une tarification avantageuse, ou encore de vendre un surplus d’électricité domestique produite par des panneaux solaires directement au réseau;
- Gestion optimale des bornes de recharge : les bornes intelligentes adaptent leur puissance en fonction de la demande en temps réel, pour ainsi éviter d’engorger le réseau aux heures de pointe;
- Internationalisation : les réseaux intelligents s’inscrivent dans une logique globale, où la France peut tirer parti des coopérations internationales pour faciliter les échanges d’énergie avec ses voisins européens.
Par conséquent, pour relever le défi du mariage réussi entre le nombre croissant de bornes de recharge et la capacité de production électrique nationale, il est indispensable de mettre en place des solutions innovantes et intelligentes, à la hauteur des enjeux de demain.